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Nous sommes très heureux d’être de retour après trois mois d’absence. Cette édition marque le début d’une ère nouvelle pour le West Africa Insight. Ceci constitue un outil utilisé par le Centre pour la Démocratie et le Développement pour la surveillance des tendances et des prospectives dans son espace juridictionnel qu’est l’Afrique de l’Ouest .

L’une des stratégies majeures adoptées par ce titre stimule les débats et les discussions autour de la situation socio-économique et politique de l’Afrique en général et celle de l’Afrique de l’Ouest en particulier. Plus d’un siècle après la Conférence de Berlin, le passé colonial continue de hanter l’Afrique. L’amalgame forcé/le compartimentage des peuples avec des réalités socioéconomiques et culturelles différentes en états nations dont les frontières leur ont été imposées persiste. En outre, l’incapacité des peuples concernés à surmonter les défis liés à cette situation et à aller de l’avant constitue un obstacle majeur au développement. C’est cette question qu’explore l’analyse de Dr. Dayo Kusa, membre supérieur du CDD, qui porte sur deux nations ouest africaines, la Côte d’Ivoire et le Nigéria. Ceci contribuera à mettre les parties anglophones et francophones de l’Afrique de l’Ouest dans des contextes appropriées. Malgré les énormes richesses que possèdent ces deux nations, leur croissance économique a toujours été freinée par des facteurs liés à leurs situations socio-culturelles et leurs histoires politiques. De nos jours, le Nigéria est empêtré dans des conflits qui trouvent leurs origines dans les facteurs précédemment cités. Le pays vit une insurrection au Nord, un calme volatil dans le Delta du Niger du fait de menaces terroristes, un conflit entre éleveurs et fermiers dans la région centrale du pays. A cela s’ajoutent les intrigues liées aux prochaines élections. Ceci nous permet de savoir l’avenir réservé à la nation la plus peuplée d’Afrique noire.
Malgré le retour de la démocratie en Côte d’Ivoire, les défis auxquels est confrontée cette nation que sont les problèmes ethniques et politiques persistent. Ces défis s’articulent autour de questions politiques et ethniques, notamment la question de l’Ivoirité, qui est ivoirien ou qui ne l’est pas ? L’économie ivoirienne, jadis prospère, peine de nos jours à satisfaire les besoins d’une population en pleine croissance. Dans la perspective des prochaines élections de 2015, l’on peut se poser la question de savoir, si le passé colonial et les incapacités des peuples à faire fi de leurs différences ne vont pas, encore une fois, contribuer à une régression tragique du pays.
Devant de tels défis, cette édition se propose d’avancer de possibles scenarios au cas où les citoyens des pays de l’Afrique de l’Ouest décidaient de s’inspirer des nations arabes de Tunisie et d’Egypte. Vu l’échec apparent du contrat social entre les citoyens et leurs gouvernements, est-il permis de penser à un harmattan Ouest Africain parallèlement au printemps arabe ? Quel rôle les medias sociaux pourraient-ils jouer dans l’influence grandissante des technologies de l’information et de la communication ? Malgré les efforts que la CEDEAO continue de faire pour la promotion de la démocratie dans la région, quel impact l’organisation et les instruments dont elle dispose ont dans la pratique de la démocratie en Afrique de l’Ouest ? Ces efforts pourront-ils prévenir une révolution du type Printemps Arabe devant l’incapacité des gouvernements à respecter le contrat social qui les lie avec leurs citoyens ?
Aussi, cette édition met l’accent sur la récente déclaration du fameux économiste, Jim O’Neil, selon laquelle le Nigeria fait partie des MINT (Mexique, Indonésie, Nigéria et Turquie). Nous explorerons donc les possibilités qui sont réellement offertes au Nigéria pour intégrer les MINT. Ceci dépendra en grande partie a la manière dont le pays exploitera son énorme potentiel humain et ses immenses ressources naturelles. Malgré les défis auxquels le Nigéria est confronté, notamment la mauvaise gouvernance, la corruption, le défaut d’infrastructures, il n’en demeure pas moins que le pays le plus peuplé d’Afrique est parfaitement capable de devenir une véritable puissance mondiale s’il parvient à se mettre sur le bon chemin dans les années à venir. Bien que cela puisse paraitre comme un petit oasis dans le désert, l’émergence récente du duo Eseoghene Odiete, un créateur de mode et Eric Obuh, un musicien philanthrope dans la compétition de connexion a Google Africa constitue une source d’inspiration.
Se développer nécessite la présence de bonnes structures démocratiques, ce qui ne pourrait se faire que si les pays de la région organisent des élections crédibles, libres et transparentes, une réalité qui leur a toujours échappé, ce qui du reste contribue à l’absence de démocratie dans la région. Si l’on regarde de près les progrès réalisés en matière de processus électoral, on se rend compte du rôle déterminant joué par l’information et la technologie, notamment du fait qu’elles ont permis un large accès de la population aux medias sociaux. Les exemples Ghanéen et Nigérian montrent clairement l’importance des medias sociaux dans les élections que les deux pays ont connues récemment, sans compter les perspectives qu’ils offrent aux citoyens pour les prochaines élections de 2015.
Alors que l’Afrique de l’Ouest se lance dans la recherche effrénée de solutions à ses nombreux problèmes, nous nous efforçons de mettre sur le devant de la scène les problématiques, discours et analyses qui peuvent aider la sous région à réussir dans cette difficile tâche. Nous espérons que cette présente édition répondra à vos attentes.
Idayat Hassan
Director, CDD

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