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La Nature Changeante des Conflits en Afrique de l’Ouest
Après la colonisation, en particulier dans la période allant de la fin des années 1980 au début des années 1990, plusieurs états ouest africains ont connu des conflits sanglants qui ont occasionné la perte de plusieurs vies humaines et la destruction de nombreux biens matériels. Ces conflits ont aussi énormément porté préjudice à la région, du fait notamment du recul politique et économique qu’ils ont engendré. Récemment, la nature de ces conflits a changé de manière considérable.

L’on est passé de conflits entre états à des conflits internes, qui fragilisent davantage la situation politique et économique globale de la région. En fait, ces conflits internes créent de sérieux problèmes à la région, en ce sens que les états n’ont plus le monopole de la violence coercitive. De nouveaux acteurs non-étatiques ont vu le jour dans la région. Ils ne respectent ni les frontières nationales, ni le cadre juridique international qui régit les conflits entre les états et disposent de ressources pratiquement égales à celles dont disposent ces derniers. Dans le contexte actuel, le banditisme transfrontalier est en pleine expansion, notamment le trafic d’êtres humains et de drogue, ce qui inquiète beaucoup les états ouest africains, qui ont peur pour leur propre sécurité. Cependant, il est important de préciser que malgré tout cela, la plus forte menace à laquelle les états ouest africains font face reste la montée du terrorisme. Jama’atu Ahlus-Sunnah Lidda’Awati Wal Jihad, plus connu sous le nom de Boko Haram et qui se fait désormais appelé Province ouest africaine de l’Organisation de l’Etat islamique; Al-Qaïda au Maghreb islamique Al-Qaeda in the Maghreb (AQMI); le Mouvement pour l’unité et le djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), tous ces groupes opèrent de part et d’autres des frontières des pays de la région et ne respectent nullement les droits des populations et la souveraineté des états, ce qui rend difficile la lutte que mènent les acteurs nationaux, régionaux et internationaux contre les actes terroristes que ces groupes commettent à l’endroit des populations. En fait, les efforts que déploient les états pour mettre fin à la menace qu’ils représentent pour leur existence et pour la sécurité humaine ont souvent mené à de graves violations  des droits de l’Homme. Le cadre juridique qui sert de base légale à la recherche de solutions pour la crise n’a jusqu’ici guère fonctionné, notamment au Nigeria où les autorités sont engluées dans un vrai bourbier, ne sachant plus quelles méthodes et stratégies adopter pour mettre fin à la rébellion de Boko Haram.   Le Plan Directeur pour la Nord présenté dans cette édition est une approche holistique et globale qui contribue à la recherche de solutions à la crise de Boko Haram. Le Plan a été élaboré sur la base de principes qui mettent en exergue la sécurité humaine. S’il est adopté, il peut d’une certaine manière apporter des solutions concrètes, à court et à long terme, au conflit. Les problèmes actuels reliés entre eux que connait la région—terrorisme ; trafic de drogue ; prolifération d’armes— ont fait l’objet d’une bonne analyse dans les différents articles présentés dans cette édition. La montée du terrorisme, du trafic d’êtres humains et du trafic de drogue crée une demande de plus en plus accrue pour les armes et les munitions dans la région. Si rien n’est fait, le nombre important d’armes aux mains des jeunes causera un énorme désastre dans la région. En outre, l’argent sale de la drogue et du trafic d’êtres humains est en train de financer le terrorisme. Ce réseau complexe d’activités criminelles est une source de malheurs pour la région, d’autant plus que la pauvreté et les inégalités sont très élevées dans beaucoup de pays de l’Afrique de l’Ouest. Mais, nous pensons qu’il n’est pas trop tard. Devant la gravité de ces problèmes, les états et les acteurs nonétatiques de la région gagnerait à faire preuve d’unité et de coopération entre eux. Aucun pays ne peut s’en sortir seul. Les initiatives supranationales doivent être privilégiées. A l’heure actuelle, elles constituent la meilleure stratégie pour la région d’essayer de sortir de ce réel danger.

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